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ViaderaMai 2026

Erreurs dans les relevés de carrière : les pièges qui réduisent votre pension

Le relevé individuel de situation (RIS) est la photographie officielle de vos droits à retraite. Pourtant, les caisses enregistrent chaque année des milliers d'erreurs : trimestres manquants, points Agirc-Arrco non crédités, salaires mal reportés. Avec la réforme de 2023 et l'allongement de la durée d'assurance, chaque trimestre compte davantage. Un relevé erroné peut coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros de pension sur une retraite de 20 à 25 ans.

Un constat alarmant : une erreur sur deux relevés

Selon les retours des caisses de retraite et des conseillers spécialisés, près d'un relevé de carrière sur deux présente au moins une anomalie. Pour les cadres, le risque est encore plus élevé : carrière plus mobile, passages fréquents entre employeurs, périodes à l'étranger, activités libérales annexes et cumul de régimes (Cnav, Agirc-Arrco, parfois régimes spéciaux ou CIPAV).

Le problème majeur est que ces erreurs ne se manifestent souvent qu'au moment de la liquidation. Or, une fois la pension calculée et validée, il devient beaucoup plus difficile — et plus long — de faire reconnaître des droits oubliés. D'où l'intérêt de vérifier son relevé bien avant la date de départ prévue.

Les 8 erreurs les plus fréquentes

  • Trimestres manquants

    Années à moins de 4 trimestres alors que vous avez cotisé toute l'année. Fréquent après un changement d'employeur, du chômage indemnisé mal déclaré ou des périodes de congés sans solde.

  • Points Agirc-Arrco non crédités

    Des employeurs oublient de déclarer les rémunérations ou les cotisent sur la mauvaise tranche. Résultat : des points perdus chaque année, qui ne se rattrapent pas automatiquement.

  • Salaires mal reportés

    Un salaire erroné dans la Cnav influe directement sur la moyenne des 25 meilleures années et donc sur le montant de la pension de base.

  • Périodes à l'étranger ignorées

    Les contrats détachés, expatriations ou cotisations européennes sont fréquemment absents du RIS français, alors qu'elles peuvent générer des droits ou des trimestres.

  • Congés maternité/paternité non validés

    Ces périodes donnent droit à des trimestres validés gratuitement. S'ils n'apparaissent pas, c'est une perte certaine.

  • Temps partiel compté à temps plein (ou l'inverse)

    Une erreur de quotité modifie le nombre de trimestres validés et les points acquis. Elle est fréquente lors des transitions temps plein / temps partiel.

  • Activité libérale ou indépendante oubliée

    Des cotisations Urssaf, CIPAV ou CNRACL peuvent ne pas être rapprochées du régime général si les numéros de sécurité sociale diffèrent ou si la déclaration est tardive.

  • Carrière longue ou pénibilité non reconnue

    Les dispositifs de départ anticipé nécessitent des justificatifs précis. Une mauvaise classification peut vous priver d'un départ à la retraite plusieurs années plus tôt.

Quel impact sur le montant de la pension ?

Chaque trimestre manquant réduit le taux de pension de base de 1,25 % à 1,5 % selon la génération. Sur une pension brute de base de 1 500 €, une année non validée peut représenter une perte de 180 à 270 € par an, soit 4 500 à 6 750 € sur 25 ans de retraite.

Côté Agirc-Arrco, chaque point oublié est définitivement perdu. Avec un point valant environ 1,44 € en 2026, quelques centaines de points manquants peuvent coûter plusieurs centaines d'euros de pension complémentaire annuelle.

Exemple. Un cadre né en 1966 qui constate 8 trimestres manquants au moment du départ à taux plein peut voir sa pension de base amputée d'environ 10 %. Sur une carrière moyenne à 4 000 € de salaire annuel moyen, cela représente une perte cumulée pouvant dépasser 30 000 €.

Comment réagir face à une erreur ?

La première étape est de consulter régulièrement son relevé individuel de situation sur le portail officiel info-retraite.fr ou directement auprès de chaque caisse. Dès qu'une anomalie est repérée, il faut constituer un dossier de correction avec les bulletins de paie, contrats et attestations nécessaires.

Pour les cadres et professionnels qui souhaitent accélérer ce contrôle, Viadera propose une analyse automatisée du relevé de carrière : le document est analysé à la volée, les anomalies sont identifiées et une projection de pension aide à mesurer l'impact financier réel.

Ne pas attendre la veille du départ

Les corrections de carrière peuvent prendre plusieurs mois, voire plus d'un an si plusieurs caisses sont concernées. Vérifier son relevé à 55 ou 58 ans laisse le temps de faire reconnaître ses droits, éventuellement de racheter des trimestres ou d'anticiper un départ plus favorable.

Attention. Une fois la retraite liquidée, le délai pour contester le montant de la pension est limité. Mieux vaut détecter les erreurs avant la demande de mise à la retraite.