Âge légal et âge du taux plein
Deux âges structurent votre départ : l'âge légal (le plus tôt où vous pouvez liquider) et l'âge du taux plein automatique (où la décote disparaît même sans tous vos trimestres). Entre les deux, tout dépend de votre durée d'assurance.
La réforme de 2023 a relevé progressivement l'âge légal de départ à la retraite, puis la LFSS 2026 est venue ajuster ce calendrier. Depuis le 1er septembre 2026, l'âge légal et la durée d'assurance requise dépendent finement de votre année et de votre mois de naissance : pour les générations nées entre 1963 et 1968, l'âge légal progresse par paliers de quelques mois (autour de 62 ans et 9 mois à 63 ans et 9 mois) ; à partir de la génération 1969, l'âge légal cible est fixé à 64 ans.
Plutôt que de retenir un tableau simplifié, il est préférable de s'appuyer sur les tableaux officiels de l'Assurance retraite (Cnav) ou de votre régime, qui intègrent les derniers ajustements. Nos simulateurs les utilisent automatiquement pour calculer votre âge légal et votre âge du taux plein.
Le « gel » de l'âge légal en 2026
En 2026, la LFSS ajuste le calendrier sans revenir en arrière : certaines générations voient leur âge légal stabilisé, mais le principe du relèvement progressif vers 64 ans pour les plus jeunes est maintenu. Autrement dit, l'âge légal n'est pas « gelé pour tout le monde », il reste dépendant de l'année de naissance.
La décote : la pénalité à éviter
Si vous partez avant l'âge du taux plein automatique sans avoir validé tous vos trimestres, une décote s'applique. Elle réduit définitivement votre pension de base, proportionnellement au nombre de trimestres manquants.
S'ajoute, sur la complémentaire Agirc-Arrco, une minoration définitive (fonction du nombre de trimestres manquants) tant que vous n'avez pas le taux plein. Ces deux effets se cumulent : d'où l'importance de bien positionner sa date. À noter : le malus temporaire de −10 % (coefficient de solidarité), qui frappait autrefois les départs dès le taux plein, est supprimé depuis le 1er décembre 2023.
Exemple chiffré : un actif né en 1966, qui part à 63 ans et 3 mois avec seulement 168 trimestres validés sur 172 requis, subit une décote sur sa pension Cnav calculée sur les trimestres manquants (le plus faible entre trimestres manquants pour l'âge et trimestres manquants pour la durée, plafonné à 20). Sur une pension de base de 1 800 € par mois, une décote même limitée à quelques points de pourcentage représente une perte de plusieurs milliers d'euros par an, reconduite chaque année de la retraite.
Un effet cumulatif à ne pas négliger
La décote Cnav et la minoration Agirc-Arrco s'appliquent toutes deux à vie. Sur une retraite de 25 ans, l'écart entre un départ avec décote et un départ à taux plein quelques mois plus tard peut représenter des dizaines de milliers d'euros de pension cumulée.
La surcote : travailler plus pour toucher plus
À l'inverse, poursuivre son activité au-delà de l'âge légal et de la durée requise ouvre droit à une surcote qui majore la pension de base à vie. Chaque trimestre supplémentaire compte.
La surcote n'est intéressante que si votre espérance de perception est suffisante : c'est un arbitrage entre années travaillées et années de pension majorée.
Carrière longue : partir plus tôt
Si vous avez commencé à travailler jeune et validé un nombre suffisant de trimestres avant certains âges, le dispositif carrière longue peut vous permettre de partir avant l'âge légal, sous conditions. Nos simulateurs intègrent ce paramètre.
L'âge de départ anticipé dépend de l'âge auquel vous avez validé vos premiers trimestres (au moins 4 ou 5 selon l'année de naissance) et de la durée d'assurance cotisée (et non simplement validée) requise pour votre génération :
| Début de carrière | Âge de départ anticipé possible |
|---|---|
| Avant 16 ans | 58 ans |
| Avant 18 ans | 60 ans |
| Avant 20 ans | 62 ans |
| Avant 21 ans | 63 ans |
Attention : pour la carrière longue, la durée d'assurance doit être cotisée, pas seulement validée. Certains trimestres « assimilés » (chômage, maladie) ne comptent que dans une limite restreinte. Vérifiez votre relevé de carrière en détail avant de vous projeter sur ce dispositif.
Nouveauté : le décret n° 2026-700 du 31 juillet 2026 (pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026) intègre les trimestres liés aux enfants dans la période réputée cotisée, dans la limite de 2 trimestres par assuré. Un parent peut donc atteindre plus facilement la durée exigée pour un départ anticipé.
Notre méthode pour trouver l'âge optimal
- Déterminer votre âge du taux plein (trimestres requis pour votre génération).
- Comparer la pension à différents âges de départ (avant, à, et après le taux plein).
- Intégrer la minoration Agirc-Arrco et la surcote Cnav.
- Rapporter le gain de pension au nombre d'années de travail supplémentaires.
Références officielles
Les paramètres d'âge légal, d'âge du taux plein et de durée d'assurance évoluent au fil des lois de financement et des circulaires. Nos simulateurs les mettent à jour au fur et à mesure, en se basant sur les sources officielles (Cnav, Service des retraites de l'État). Pour des cas particuliers (carrière longue, handicap, catégories actives), une vérification individuelle reste indispensable.
Passez à la pratique
Utilisez nos simulateurs gratuits pour appliquer ce guide à votre situation.
Sources officielles
Liens contrôlés automatiquement chaque jour (dernier contrôle éditorial : 10 août 2026). Les barèmes évoluant chaque année, reportez-vous toujours à la version en ligne la plus récente.
- À partir de quel âge un salarié peut-il partir en retraite ?, Service-Public.fr
- Pension de retraite de base à taux plein du salarié, Service-Public.fr
- Retraite anticipée pour carrière longue du salarié, Service-Public.fr
- L'Assurance retraite (régime général), Cnav
Guide rédigé par Viadera à visée pédagogique, sur la base d'informations publiques (LFSS, barèmes Cnav et Agirc-Arrco). Il ne remplace pas un bilan retraite personnalisé ni la validation officielle par vos caisses.
