Aller au contenu
Retour aux guides

La rédaction ViaderaMis à jour le Méthode et relecture

Retraite : les conditions spécifiques selon les secteurs

Salarié, fonctionnaire, indépendant, libéral ou exploitant agricole : vous ne cotisez pas aux mêmes caisses et votre pension ne se calcule pas de la même façon. Ce guide vous aide à repérer votre régime, puis vous renvoie vers la page qui le détaille.

Votre statut, votre régime

Votre statutRetraite de baseRetraite complémentairePour aller plus loin
Salarié du secteur privéRégime général (Assurance retraite)Agirc-ArrcoRetraite des cadres et salariés
Salarié agricoleMSA, régime aligné sur le régime généralAgirc-ArrcoFiche MSA
Contractuel de la fonction publiqueRégime généralIrcantecVérifier mes points Ircantec
Fonctionnaire titulaireService des retraites de l'État ou CNRACLRAFP, sur les primesRetraite des fonctionnaires
Artisan, commerçant, libéral non réglementéRégime général des indépendantsComplémentaire des indépendantsRetraite des indépendants
Dirigeant de sociétéSelon le mandat : régime des salariés ou des indépendantsAgirc-Arrco ou complémentaire des indépendantsRetraite des dirigeants
Profession libérale réglementéeCNAVPLRégime de la section professionnelleRetraite des professions libérales
AvocatCNBFCNBFFiche CNBF
Exploitant agricoleMSA, régime des non-salariés agricolesRCO (retraite complémentaire obligatoire)Fiche MSA
Agent d'un régime spécialCaisse du régime (RATP, IEG, SNCF…)Comprise dans le régimeToutes les caisses

Vous avez changé de statut au cours de votre carrière ? Chaque régime garde vos droits : voyez la section 8.

1. Salariés du privé : régime général et Agirc-Arrco

La grande majorité des salariés relèvent du régime général de la Cnav (retraite de base) complété par l'Agirc-Arrco (retraite complémentaire par points). L'âge légal évolue vers 64 ans et le taux plein exige jusqu'à 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1966. C'est le régime de référence auquel de plus en plus d'actifs sont rattachés au fil de la fermeture des régimes spéciaux.

La retraite de base repose sur le salaire moyen des 25 meilleures années, au taux maximal de 50 %. La complémentaire fonctionne par points.

Simuler ma pension

2. Fonction publique : le traitement des 6 derniers mois

Fonctionnaires d'État, territoriaux et hospitaliers relèvent de régimes spécifiques (SRE, CNRACL). La pension se calcule sur le traitement indiciaire des 6 derniers mois (hors primes), avec un taux plein de 75 %. La retraite additionnelle (RAFP) prend en compte une partie des primes.

Il faut au moins 2 ans de services pour avoir droit à une pension de fonctionnaire.

  • Catégorie sédentaire : âge de départ aligné progressivement sur le privé (64 ans).
  • Catégorie active : départ possible à 59 ans pour les agents nés en 1974 et après, sous condition de 15 à 17 ans de services dans ces emplois (fonctionnaires territoriaux et hospitaliers).

Les contractuels relèvent du régime général et de l'Ircantec, pas de ces règles.

Retraite des fonctionnaires

3. Régimes spéciaux : fermés aux nouveaux embauchés

Les 4 régimes spéciaux ci-dessous sont fermés aux personnes embauchées depuis le 1er septembre 2023. Les nouveaux salariés cotisent au régime général et à l'Agirc-Arrco. Les agents déjà en poste gardent leur régime (clause dite « du grand-père »), mais leur âge de départ est relevé progressivement de 2 ans.

RégimeFermé aux nouveaux embauchés depuis le
RATP1er septembre 2023
Industries électriques et gazières (IEG)1er septembre 2023
Banque de France1er septembre 2023
Clercs et employés de notaires (CRPCEN)1er septembre 2023
SNCF1er janvier 2020

Les régimes des marins, de l'Opéra de Paris et de la Comédie-Française, ainsi que les régimes autonomes des professions libérales et des avocats, n'étaient pas visés par cette fermeture.

4. Professions libérales : la CNAVPL et ses 10 sections

Les professions libérales réglementées cotisent à la CNAVPL pour la retraite de base, calculée en points (0,6599 € le point en 2026), et à leur section professionnelle pour la complémentaire.

  • CARMF, Médecins
  • CARPIMKO, Infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes
  • CARCDSF, Chirurgiens-dentistes et sages-femmes
  • CAVP, Pharmaciens
  • CARPV, Vétérinaires
  • CAVEC, Experts-comptables et commissaires aux comptes
  • CAVAMAC, Agents généraux d'assurance
  • CPRN, Notaires
  • CAVOM, Officiers ministériels
  • CIPAV, Architectes, géomètres-experts, ostéopathes, psychologues et autres professions listées

Les avocats relèvent d'un régime autonome distinct (CNBF). La complémentaire par points et, pour certaines professions conventionnées, un régime supplémentaire (ASV) financé en partie par l'Assurance maladie complètent la pension.

Les professions libérales non réglementées créées depuis 2019 relèvent du régime général des indépendants.

Retraite des professions libérales

5. Artisans, commerçants et indépendants

Depuis la suppression du RSI (2018–2020), les artisans, commerçants et micro-entrepreneurs sont rattachés au régime général (Sécurité sociale des indépendants). Leur retraite de base suit des règles proches de celles des salariés, avec une complémentaire propre aux indépendants.

Pour les indépendants hors régime micro-social, en cas de revenu faible ou déficitaire, une cotisation minimale peut valider 3 trimestres par an sous condition d'affiliation. En régime micro-social, les droits dépendent du chiffre d'affaires déclaré. Les dirigeants de société dépendent de l'un ou l'autre régime selon leur mandat.

6. Agriculture : salariés et exploitants à la MSA

Salariés agricoles : la MSA verse leur retraite de base, selon les mêmes règles que le régime général. Leur complémentaire est l'Agirc-Arrco.

Exploitants, collaborateurs et aides familiaux : la MSA gère leur retraite de base et leur complémentaire obligatoire (RCO).

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2026, la retraite de base des exploitants est calculée sur les 25 années d'assurance les plus avantageuses, en métropole. Les pensions attribuées en 2026 et 2027 seront recalculées en 2028 : le montant le plus favorable sera conservé.

7. Partir plus tôt : carrière longue, pénibilité, incapacité

  • Carrière longue : départ possible dès 58 ans pour un début d'activité avant 16 ans, 60 ans avant 18 ans, entre 60 et 62 ans avant 20 ans selon l'année de naissance, et 63 ans avant 21 ans, à condition de réunir la durée cotisée exigée. Ces âges valent pour les générations les plus récentes : le simulateur donne le vôtre. Simuler mon départ en carrière longue
  • Compte professionnel de prévention (C2P) : réservé aux salariés du régime général et de la MSA exposés à certains risques (travail de nuit, travail répétitif, équipes alternantes, milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit). Une année d'exposition rapporte 4 points par facteur. 10 points financent un trimestre, dans la limite de 8 trimestres : le départ peut être avancé de 2 ans au plus, sur demande à partir de 55 ans. Les 20 premiers points sont en principe réservés à la formation. Les agents des régimes spéciaux n'acquièrent pas de points.
  • Incapacité permanente d'origine professionnelle : départ à taux plein dès 60 ans avec un taux d'incapacité d'au moins 20 %, lié à une maladie professionnelle ou, sous conditions, à un accident du travail ; 2 ans avant l'âge légal pour un taux compris entre 10 % et moins de 20 %, sous conditions, dont 17 ans d'exposition à des risques professionnels. Des exceptions à cette condition d'exposition existent pour certaines maladies professionnelles.
  • Inaptitude au travail : retraite à taux plein dès 62 ans, quel que soit le nombre de trimestres.
  • Handicap : départ possible dès 55 ans sous conditions. Retraite et RQTH

8. Plusieurs régimes dans une même carrière

Chaque régime calcule et verse sa part : vous touchez autant de pensions que de régimes, y compris pour les complémentaires. Vos trimestres, eux, s'additionnent tous régimes confondus pour déterminer si vous avez le taux plein.

Exception : depuis le 1er juillet 2017, les assurés nés à partir de 1953 qui ont cotisé à plusieurs des trois régimes dits alignés (régime général, salariés agricoles, indépendants) reçoivent une seule retraite de base, calculée et versée par le dernier de ces régimes. Le régime des exploitants agricoles n'en fait pas partie.

Sur le relevé de carrière, ces changements de régime peuvent entraîner des années manquantes ou des reports à vérifier. Vérifier un relevé de carrière sur plusieurs régimes

9. Conventions collectives : l'indemnité de départ

L'âge de départ ne dépend pas de votre convention collective. L'indemnité de départ, elle, peut en dépendre : la convention ou un accord d'entreprise peut prévoir mieux que le minimum légal.

Départ volontaire à la retraite, minimum légal

  • À partir de 10 ans d'ancienneté : 0,5 mois de salaire
  • À partir de 15 ans d'ancienneté : 1 mois de salaire
  • À partir de 20 ans d'ancienneté : 1,5 mois de salaire
  • À partir de 30 ans d'ancienneté : 2 mois de salaire

Aucune indemnité légale en dessous de 10 ans d'ancienneté. Elle est imposable et soumise aux cotisations sociales.

Mise à la retraite par l'employeur, minimum légal : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis un tiers de mois par année suivante.

Métallurgie : une convention collective nationale unique s'applique depuis le 1er janvier 2024.

Calculer mon indemnité selon ma convention collective

Une carrière multi-régimes ? Vérifiez votre relevé

Les carrières qui traversent plusieurs secteurs (privé, public, libéral…) sont les plus exposées aux erreurs de report. Importez votre relevé de carrière (RIS) : notre analyse par IA repère les trimestres manquants et les périodes mal rattachées, puis projette votre pension.

10. Questions fréquentes

Les régimes spéciaux existent-ils encore ?

Oui pour les agents déjà en poste. Les 4 régimes RATP, industries électriques et gazières, Banque de France et clercs de notaires sont fermés aux personnes embauchées depuis le 1er septembre 2023, et celui de la SNCF depuis le 1er janvier 2020.

Comment se calcule la retraite dans la fonction publique ?

Sur le traitement indiciaire des 6 derniers mois (hors primes), avec un taux plein de 75 %. La RAFP prend en compte une partie des primes et la catégorie active permet un départ anticipé pour certains métiers.

Une carrière multi-régimes est-elle pénalisante ?

Non, chaque régime verse une pension proportionnelle aux droits acquis. Mais les carrières mixtes cumulent plus d'erreurs de report : il est essentiel de vérifier son relevé de carrière avant de liquider.

La convention collective change-t-elle l'âge de départ ?

Non, l'âge légal est fixé par la loi. La convention collective influence surtout les indemnités de départ et le préavis, qu'elle peut améliorer par rapport au minimum légal.

Recevrai-je une seule pension si j'ai changé de régime ?

Sous les conditions de la liquidation unique (notamment une naissance à partir de 1953), une seule retraite de base est versée pour vos droits au régime général, au régime des salariés agricoles et à celui des indépendants. Dans les autres cas, chaque régime verse sa propre pension, et les complémentaires restent distinctes.

Article rédigé par Viadera à visée pédagogique. Les règles varient selon les situations individuelles et ne remplacent pas une information officielle par vos caisses de retraite.

Comment Viadera vous aide sur ce sujet

  • Analyse automatisée de votre relevé de carrière (RIS) par IA.
  • Détection des trimestres manquants, des points Agirc-Arrco oubliés et des salaires mal reportés.
  • Recommandations concrètes pour corriger les erreurs avant la liquidation de votre retraite.

Sources officielles

Paramètres réglementaires vérifiés le 19 octobre 2026. Liens contrôlés automatiquement chaque jour. Les barèmes évoluant chaque année, reportez-vous toujours à la version en ligne la plus récente.

À lire également